Quand intimité ne rime pas avec sécurité

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Quand intimité ne rime pas avec sécurité

L’on pourrait croire anodin le fait d’utiliser une application de suivi de règles et de grossesse. Que risque-t-on à noter dans un calendrier certaines informations comme la date et la durée des menstruations, les symptômes associés, la méthode de contraception utilisée, ou encore le suivi d’une grossesse ? Rien à priori, et pourtant…

Dans son article du 17 août, Numerama remet en lumière ces apps de suivi de règles qui mettent en danger vos données personnelles. Basé sur une étude de la fondation Mozilla, qui a testé 25 apps et objets connectés, il en ressort un constat plutôt désastreux. 18 de ces services ne respectent pas assez la confidentialité des données qu’elles collectent et offrent une protection insuffisante. Quelle est la politique de confidentialité de ces apps ? Certaines n’en ont pas. Quelles sont les données collectées ? Qu’est-il fait de ces données ? Précisent-elles clairement comment les données pourraient être partagées avec les forces de l’ordre ? La majorité ne le font pas.

Une situation assez préoccupante au vu de l’actualité récente autour du droit à l’avortement. Cela permet de mieux comprendre le danger que peuvent poser ces apps, spécialement dans les pays où le droit à l’IVG est interdit et où ces données pourraient être utilisées contre les personnes qui les ont encodées.

En témoigne cet autre article du début du mois d’août 2022 relatant l’arrestation d’une adolescente américaine par la police pour avoir avorté, sur base de ses informations et ses conversations privées transmises par Facebook aux forces de l’ordre. Une triste illustration qui montre à quel point nos données personnelles peuvent être utilisées contre nous à cause de la vulnérabilité d’un système ou d’un service sensé nous aider.

Alors, pourquoi de telles fuites d’informations persistent-elles encore et y a-t-il des moyens mis en place pour espérer être mieux protégé, nous et notre vie privée? Les réponses sont multiples et variées, néanmoins, malgré les inquiétudes soulevées, de bonnes initiatives voient quand même le jour.

Comme l’app Euki, créée par l’ONG Women Help Women qui ne collecte pas d’informations personnelles sur les personnes qui l’utilisent (toutes les données sont stockées sur le téléphone) tout en protégeant l’accès avec un code pin. Et en bonus, elle offre même la possibilité de rentrer un code affichant de fausses informations à l’écran, afin d’avoir le plus de confidentialité possible.

Sur le site de la Fondation Mozilla, dans leur guide d’achat*Confidentialité non incluse de Mozilla, vous pourrez trouver toutes leurs remarques et évaluation sur des applications et objets connectés. Leur objectif est de vous aider à faire des achats malins (et sûrs) de produits qui se connectent à Internet.

Et parmi les solutions à privilégier, il y a aussi :

  • Une meilleure sensibilisation au numérique, afin de ne pas le subir, et d’attirer l’attention sur ses dangers sans pour autant le diaboliser. Nous étions d’ailleurs très content·es des retours de nos animations Safe Surfeuse abordant entre autres ce genre de thématique.
  • Ainsi qu’une plus grande inclusion aux domaines de la cybersécurité. Un secteur qui, comme nous l’avons déjà relayé l’année passée dans cet article (Cybersécurité et parité hommes-femmes) souffre d’un manque de personnel qualifié et d’un problème flagrant de représentation féminines.

C’est à notre sens, chez Interface3Namur, le meilleur moyen d’arriver à (re)construire cette société, pour que chacun·e puisse s’y épanouir dans le respect de ses droits.

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